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Le Mémorial du Camp de Rivesaltes, situé sur les communes de Rivesaltes et Salses-le-Château dans les Pyrénées-Orientales, rend hommage aux personnes incarcérées ou hébergées dans ce camp au gré des événements historiques: la guerre d’Espagne, la Seconde Guerre mondiale et les guerres de décolonisation.

Né à Barcelone, Josep Bartolí est dessinateur et caricaturiste. Il est un partisan convaincu de la République, qu’il défendra armes et crayons à la main. En 1936, il fonde le syndicat des dessinateurs de presse de Catalogne et devient, pendant la guerre d’Espagne, commissaire politique. Après la chute de Barcelone, Bartolí s’exile en France le 14 février 1939, lors de la Retirada. Il est interné dans plusieurs camps différents, dont Saint-Cyprien et Agde.

Une exposition exceptionnelle consacrée à l’œuvre de cet artiste et combattant antifranquiste s'y tiendra toute l'année, à partir du vendredi 24 septembre 2021. A travers une sélection de plus de 150 oeuvres, l'exposition met en perspective des réalisations majeures de Bartolí, toujours inspirées par l'exil, son engagement et ses combats.

Vous pourrez y découvrir un extrait de 7 secondes du film "Traversée du Detroit de Gibraltar", issu du fonds Petot.
 

Ce texte est extrait de l'article "FILMS PRIVES DANS L'ESPACE PUBLIC" de Karianne Fiorini et Dwight Swanson, publié dans l'e-book « OPEN ACCESS CINEMA », ouvrage collectif réalisé sous la direction de Gianmarco Torri à l'occasion de la 57ème édition de la « Mostra Internazionale del Nuovo Cinema di Pesaro »

La scène française du film de famille et d'amateur est plutôt exceptionnelle en Europe, du fait d'un intérêt de longue date pour les archives et la préservation du patrimoine cinématographique amateur. Dans les années 1980, de nombreuses archives nationales, régionales et locales et des associations culturelles ont commencé à préserver cet héritage filmique, et un travail significatif pour rendre ces films accessibles a été fait ces dernières années. Le parcours cinématographique que nous emprunterons en France sera celui des films créés par des femmes cinéastes amateur - une minorité dans le monde de la pratique du film de famille et d'amateur.

Cinémémoire, cinémathèque de films amateurs basée à Marseille, qui a commencé son activité en 1995, a récemment mis en ligne six fonds de films tournés par des femmes. Notre sélection inclut deux films de Jeannine Boitelle, née en 1929 dans la ville de Tuléar, à Madagascar, où son père avait émigré au début du 20ème siècle. Elle a vécu au Tchad, à Abidjan, au Cameroun, au Niger, au Togo, en République Centrafricaine, aux deux Congos et au Gabon, et a tourné plus de 60 films, à une époque où la pratique du cinéma amateur était majoritairement masculine. Elle nous donne un regard singulier sur l'histoire coloniale et postcoloniale, qui était à ce moment en train de s'écrire, et, même dans les films qu'elle créait pendant ses vacances, elle faisait le travail d'un ethnographe. Le premier film présenté est Forêt primaire, Pygmées, tourné en super 8 dans la seconde moitié des années 60, dans un village pygmée de la forêt équatoriale, dans laquelle elle suit de près des moments de la vie de ce groupe ethnique. Le second film, Pêcheurs de Nazaré, tourné au Portugal dans les années 70, documente brièvement le travail des pêcheurs locaux, prêtant une attention particulière sur le travail d'un groupe de jeunes femmes sur la côte du village de pêcheurs de Nazaré.

De la cinémathèque des Pays de Savoie et de l'Ain, située à Veyrier du Lac, nous avons sélectionné un film réalisé par Colette Vibert-Guigue, née en 1941 à Beaufortain. Elle travaillait avec ses parents sur leur petite ferme, où étaient élevés des vaches, des moutons et des chèvres. En 1969, elle décide d'acheter une caméra super 8 pour documenter le travail de ses parents, et conserver une trace de leur vie quotidienne. Les projection de ses films étaient exclusivement réservées à la famille. Travail agricole dans un village savoyard, tourné en 1977 à côté de sa maison à Beaufort, une commune du département de Savoie dans le vallée du Beaufortain, située dans la région d'Auvergne-Rhône-Alpes, nous révèle les rituels quotidiens et les changements de saison dans cette petite communauté rurale.

En recherchant dans la collection de Ciclic, l'agence régionale du Centre-Val de Loire pour le livre, l'image et la culture numérique, qui collecte, sauvegarde, et valorise les films amateurs et professionnels tournés dans cette région depuis 2006, nous avons découvert, entre autres, deux cinéastes prolifiques: Marie-Françoise Arhuero and Soeur Marie Sainte-Anne Potesta. Marie-Françoise Arhuero, née à Tours en 1927, a développé une passion pour la photographie et le cinéma dès sa jeunesse. Elle avait 16 ans lorsqu'elle décida de devenir photographe professionnelle en entrant au studio Arhuero à Joué-les-Tours. Elle y rencontra Jean Arhuero, qui inventa et manufactura une développeuse de films miniature par le biais de son entreprise SEBA (Société d'Exploitation des Brevets Arhuero). Comme Arhuero était occupé par l'amélioration de ses développeuses , il embaucha Marie-Françoise en tant qu'assistante, et elle réalisa des films 9,5mm pendant que Jean testait ses machines. Elle fut l'une des rares a faire partie d'un caméra club, le C.A.C.T. - Club des amateurs cinéastes de Tours. Chacun son Tour est un film 9,5mm qu'elle a réalisé avec Jean Arhuero, dans le cadre des activités du C.A.C.T. et c'est un reportage assez détaillé sur le 35ème Tour de France en 1948. Une courte séquence montre le van dans lequel était installé la "Cabine laboratoire équipée avec les développeuses universelles Jean Arhuéro - Caméra 16m/m E.T.M.-P.16", explorant le laboratoire itinérant où l'on découvre l'équipement et le travail de développement. Fernande Potesta, mieux connue sous le nom de Soeur Sainte-Anne, née à Oran en Algérie en 1889, arriva en France en 1936 pour rejoindre la congrégation des Soeurs de Marie Immaculée à Bourges, sous le nom de Soeur Marie-Sainte-Anne. A partir de ce moment, elle entra au service de la paroisse de Lignières, où elle resta pendant 40 ans. Elle commença à filmer dans les années 1950, lorsqu'elle démarra la création d'une petite bibliothèque de films Pathé Baby en 9,5mm (principalement des documentaires et des films de comédies) pour les enfants du Patronage de Lignières. Avec sa caméra 9,5 mm, elle devint une sorte de reporter pour la paroisse, en filmant les activités du patronage de Lignières et les voyages et pélerinages organisés par l'Abbé Jacques Seveau au Mont-Saint-Michel, à Lourdes et à Fatima. Elle s'intéressait surtout à l'enfance, et Voyage à Lisieux, tourné en 1953, documente ce voyage en Normandie avec une halte finale à la plage de Trouville-sur-Mer avec tous les enfants du Patronage de Lignières.

Pour terminer cette section consacrée aux femmes cinéastes amateur françaises, nous présentons un film d'Odette Guilloux, réalisatrice prolifique, intitulé Tourisme en Italie 1933-1935. Le film a été tourné au cours d'un voyage en Italie, dans lequel elle nous mène en promenade dans les villes de Gènes, Pise, Florence, Rome, Naples, et nous amène au plus près de l'impressionnant volcan actif qu'est le Vésuve. Odette Guilloux, née en 1905, venait d'une famille bourgeoise de Laval, dans les Pays de la Loire, et commença à filmer en 1928, quand son père lui offrit une caméra 9,5mm Pathé Baby. Elle filmait tout et tout le monde: la vie quotidienne, la famille, les amis, les vacances, et continua à filmer jusqu'au début des années 1980. La collection complète de ses films est conservée à la Cinémathèque de Bretagne, fondée en 1986 et située à Brest.

 

Télécharger l'e-book "Open access cinema"

Le site de la Mostra Internazionale del Nuovo Cinema di Pesaro

Pages thématiques sur le site de Cinémémoire: Femmes cinéastes amateur

Les films de Jeannine Boitelle

 

 






Les films présentés sur cette page ont été tournés dans des lieux où la présence humaine est rare, par Philippe Hiély et Raymond Moraux, qui ont tous deux participé à des expéditions polaires. Les vues des paysages, ou encore des animaux présents, suffisent à réaliser les sacrifices entrepris par les équipes d’expéditions pour vivre chaque jour sur place, dans des conditions climatiques hostiles, et isolés des communications avec le monde extérieur, surtout durant l'hivernage au cours duquel les bateaux ne pouvaient circuler sur la glace. Ces films sont ancrés dans une époque enthousiaste à l’idée de partir explorer les pôles: les expéditions polaires françaises ont été créées en 1947, et la station Dumont d'Urville, située sur les côtes de Terre Adélie, a été ouverte en 1955, seulement quelques années avant que ces deux cinéastes n'y séjournent. Beaucoup de plans contemplatifs, mais aussi des moments entre hommes, les petites équipes passant 13 mois ensemble dans un périmètre restreint. Ces réalisateurs ont sacrifié du temps, de l’énergie mais aussi leur vie de famille pour réaliser leur rêve de partir en expédition. Tous deux ont filmé ces terres glacées en 8 mm, et nous vous proposons ce petit rafraichissement pour cette fin d'été, sur un iceberg en compagnie des manchots.

Le docteur Philippe Hiély, dont les films nous ont été confiés en 2020 par sa fille Sylvie, a filmé en Terre Adélie lors d'une l'expédition polaire, de 1961 à 1963. Médecin, il s'intéresse à la psychologie et écrit durant son séjour un article paru en 1963 dans "La Provence Médicale": Considérations psychologiques sur un hivernage en Terre Adélie

Mission en terre Adélie - cinéaste: Philippe Hiély
Film 8mm, couleur, sonore, 23 mn 16 s, 1961-1963 - séquence n°: 916-012


Les deux années suivantes, Raymond Moraux a participé en tant qu'ingénieur à l'expédition polaire française en Terre Adélie, en 1964 et 1965. Ces deux cinéastes ne se sont pas croisés, bien que les expéditions auxquelles ils ont pris part se soient succédées à peu d'intervale. Dirigée par le glaciologue Claude Lorius, cette expédition a pour but de prélever des échantillons de glace afin d'en analyser les provenances et l'histoire. En 1965, les première foreuses sont installées pour prélever des carottes de glace. C'est par ce biais que l'évolution du climat terrestre sur la durée a pu être étudiée, et que l'alerte a pu être lancée à propos du réchauffement climatique lié aux activités humaines, la glace collectée à des profondeurs de plus en plus importante faisant figure d'archive du climat de notre planète.

Expédition polaire française - TA-15: 1ère partie - cinéaste: Raymond Moraux
Film 8mm, couleur, muet, 32 mn 44 s, 1964-1965 - séquence n°: 106-007


Expédition polaire française - TA-15: 2ème partie - cinéaste: Raymond Moraux
Film 8mm, couleur, muet, 32 mn 42 s, 1964-1965 - séquence n°: 106-008


En 1967, Raymond Moraux filme l'Expédition glaciologique Internationale au Groenland. C'est une expédition itinérante, durant laquelle les scientifiques effectuent des relevés géodésiques sur la calotte glaciaire. Dans ce film, un seul oiseau visible, seule la glace et les véhicules de transport, avions, camions à chenille, entourent les hommes. L'unique batiment fixe que l'on voit dans le film est la station radar américaine "Dye 2", reconnaissable à son dôme et aujourd'hui abandonnée. Cette station radar, qui faisait partie d'une chaîne de protection anti-aérienne en usage durant toute la guerre froide et allant de l'Alaska à l'Islande, permet de situer l'expédition, au centre du Groenland.

Expédition glaciologique Internationale au Groenland
Film 8mm, couleur, muet, 20 mn 19 s, 1967 - séquence n°: 106-009

Télécharger l'article de Philippe Hiély paru dans "La Provence Médicale": Considérations psychologiques sur un hivernage en Terre Adélie

Le site du glaciologue Claude Lorius: http://www.claude-lorius.com/

Pour en savoir plus sur la Terre Adélie et les expéditions polaires aujourd'hui, le site de l'institut polaire français Paul Emile Victor: https://institut-polaire.fr/fr/antarctique/la-station-dumont-durville/

Le site Archipôles regroupant les collections de films des EPF et de l’IPEV, déposées à la Cinémathèque de Bretagnehttps://www.archives-polaires.fr/records/listing?search=&sort=Title,_score&perpage=10&page=1&&page=1&refine[Type][]=Vid%C3%A9o

L'histoire de la station Dye 2 (en anglais): http://greenlandtoday.com/dye-2-a-relic-from-a-not-so-distant-past/?lang=en

Merci à Raymond Moraux et à Sylvie Hiély pour les informations et documents qu'ils nous ont fournis afin de documenter ces films, et à Anthony Ananna pour sa participation à la numérisation et à la documentation de ces films lors de son stage à Cinémémoire au printemps 2021 dans le cadre de son Master Histoire, Civilisations et Patrimoine à l’université d’Aix-Marseille.

Ces pages thématiques relatent les différentes étapes de création du site web documentaire A l'ouest de la Provence, qui sera mis en ligne le 15 octobre 2021.

Pour suivre l'actualité du projet sur Facebook : A l'ouest de la Provence 

Depuis 2015, l'association Cinémémoire, le réalisateur Claude Bossion et la Direction du Patrimoine Culturel Istres Ouest Provence sont engagés dans un projet de valorisation du patrimoine que constituent les films de famille et d'amateur. En effet, ces petits films forment aujourd'hui une remarquable mémoire du territoire de l'Ouest-Provence. Après l'aboutissement d'une première étape et le succès du film Enregistres et de l'exposition Immortels en 2018 à Istres, c'est désormais à toutes les communes du territoire Istres-Ouest Provence qu'est consacré ce projet. Grans, Cornillon-Confoux, Miramas, Istres, Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis-du-Rhône vus par les cinéastes amateurs sera ainsi l'objet d'un site documentaire dont la mise en ligne est prévue le 15 octobre 2021.

Collecte de films et résidence de création

En 2019 et 2020, une collecte de films et une résidence de création basée à Port-Saint-Louis-du-Rhône et à Cornillon-Confoux ont permis de réunir une riche matière documentaire sur l'ensemble de l'Ouest-Provence. Avec la collaboration de Pascal Génot, docteur en science de la communication, Claude Bossion réalise à présent une série de montages vidéos permettant de découvrir l'Ouest Provence au regard de ces films de famille et d'amateur.

Une résidence de création entre mer et colline Bilan de la collecte

Les ciné-enquêtes

La situation sanitaire ne nous ayant pas permis de nous réunir dans les salles de cinéma fin 2020, trois ciné-enquêtes ont été présentées en ligne sur la page A l'ouest de la Provence en décembre 2020.

Retrouvez ces trois ciné-enquêtes, présentées par Marie-Hélène Sibille, directrice du Pôle Intercommunal du Patrimoine Culturel d’Istres Ouest-Provence, où se succèdent :

- une conférence où Pascal Génot, docteur en sciences de l’information et de la communication, qui nous explique ce que les films de famille et d'amateur peuvent nous raconter de notre histoire et de notre culture.

- une projection de films issus de la collection de Cinémémoire, montée et présentée par le réalisateur Claude Bossion

Trois ciné-enquêtes en visio-conférence

Miramas Port-Saint-Louis-du-Rhône Fos sur Mer

 

 

Un web documentaire

Prévu pour une mise en ligne le 15 octobre 2021, un site web documentaire permettra de découvrir les vidéos réalisées sur l'ensemble des communes du territoire. Il sera également possible de visionner ces réalisations au travers de thèmes représentatifs de l'Ouest Provence : l'agriculture, l'industrie, les luttes sociales, les loisirs et la culture, et la vie locale. Des années 1920 jusqu'aux années 1990, la diversité de ce territoire « entre mer et collines » apparaîtra.

Découvrez les premiers extraits du web documentaire en cours de création

Présentation et bande annonce Récolte du foin de la Crau Grans vu du ciel, Inondations à Grans

 

Le projet Arpenteurs d'images - A l'Ouest de la Provence est rendu possible grâce à nos partenaires et hôtes que nous remercions:

 

 

 

 

 

 

Dans les pas du père...

Brigitte Delcroix, née en 1936 à Lille, a, dès son enfance, été confrontée à la caméra 8mm de son père. Pendant les 20 premières années de sa vie, Paul Delcroix a filmé sa fille avant que celle-ci ne reprenne la pratique de son père. Dans ces films, on voit Brigitte petite, sourire, courir, saluer la caméra. On la voit aussi de temps en temps avec son père, mais surtout entourée de ses deux sœurs et de sa mère.

Brigitte est la fille ainée, née dans une famille catholique où le travail prime. C’est elle qui suit les activités du père et qui est destinée à reprendre son travail. C’est donc tout logiquement de lui qu’elle reprend la caméra 8mm et qu’elle filme à son tour: d’abord son père dans de nombreuses situations de détente (lac, ski, plage), puis ses propres filles, aussi dans des moments de détente.