Marseille, 111 villages
Marseille, 111 villages : des archives pour tisser le vivre-ensemble.
Avec Marseille 111 villages, Cinémémoire redonne vie aux images des noyaux villageois. Partage et convivialité sont au cœur de cette initiative où l’histoire locale et le patrimoine populaire se rencontrent. A travers une collecte de films de famille et d'amateurs aboutissant à des happenings de rue et un ciné-concert, Marseille 111 villages tisse une synergie entre une association culturelle, les commerçants et les habitants d’un quartier.
Un portrait de Marseille à travers les archives familiales
Cinémathèque de films de famille et d’amateur basée à Marseille s’intéressant tout particulièrement à la Provence, Cinémémoire a réuni une riche collection d’images inédites sur support pellicule (16, 9.5, 8 et Super 8 mm) et vidéo.
Toutefois, de nombreux quartiers de Marseille sont peu présents dans cette sauvegarde du patrimoine. Marseille 111 villages vise à retrouver ces images filmées avant qu’elles ne se perdent, destin fréquent des archives personnelles. Collectées, sauvegardées, valorisées et diffusées au public, ces images deviennent un acte de partage et de résistance à la standardisation du récit urbain.
Un projet évolutif qui enrichit le patrimoine filmique
Dans chaque territoire du projet, Cinémémoire intervient en 3 temps. Tout d’abord, une phase de rencontres avec la population, les associations et les commerçants du quartier afin de faire connaître le projet et d’appeler celles et ceux qui possèdent des films datant des années 1920 à 2000 à les déposer auprès de Cinémémoire. Ces images, numérisées et indexées, rejoignent la base d’images accessibles publiquement par toutes et tous sur le site Cinémémoire.net. Ensuite, une restitution partielle est proposée à travers une diffusion des premières images collectées dans les vitrines des commerçants, et/ou lors de projections de rue. Ces animations permettent de sensibiliser de nouveau les habitants et usagers du quartier au projet, relançant ainsi la collecte de films. Elles sont aussi un premier moment de partage et de convivialité préfigurant le temps fort du ciné-concert. Aboutissement du projet à l’échelle de chaque quartier où Marseille 111 villages est déployé, un film de montage est réalisé à partir de l’ensemble des images retrouvées. Cette création est projetée avec un accompagnement musical joué live à l’occasion d’un ciné-concert. Organisé en recourant au savoir-faire des commerçants et du Comité d’Intérêt du quartier, ce spectacle convivial et populaire réunit les générations, les habitants de longue date comme les nouveaux venus dans une ambiance de guinguette. Quel plaisir et quelle surprise, pour les uns de revoir leurs grands-parents au détour d’une vue ancienne du quartier, pour les autres, de reconnaître des lieux emblématiques dont ils ne connaissent que l'aspect le plus récent !
Le bonheur de la reconnaissance
Depuis désormais un demi-siècle, les cinémathèques régionales font voir l’intérêt patrimonial des films de famille et d’amateur. L’émerveillement du public devant des images filmées par des cinéastes familiaux et amateurs projetées in situ, c’est-à-dire projetées dans la ville, le quartier ou le village que ces images concernent, est observé à chacune de ces projections. Cette réception rejoint le “bonheur de la reconnaissance” accompagnant les retrouvailles dont le philosophe Paul Ricoeur parlait comme d’un “petit miracle”. En effet, ce phénomène se retrouve dans notre lien aux images de nos lieux de mémoire personnels.
Le cinéastes amateurs au service du vivre-ensemble marseillais
Lorsque nous regardons les images passées d’un lieu qui nous est familier, nous cherchons à reconnaître l’édifice, la rue, le quartier, le village tel que nous le connaissons. Nous partons à la recherche de nos propres souvenirs, dans une sorte de jeu récompensé par un sentiment de joie quand, reconnaissant un lieu, nous nous retrouvons aussi, intérieurement, nous-mêmes.
Avec les images provenant de films de famille ou d’amateur, ce phénomène de confortation du sentiment d’être soi est plus marqué encore : chacune et chacun fait facilement siennes ces images qu’on aurait pu faire soi-même. Et lorsque la réception de ces images a lieu au sein d’un public, aux côtés d’autres personnes avec qui échanger, l’émotion est amplifiée d’autant. Image par image, quartier par quartier, Marseille 111 villages retrace ainsi la cartographie de la cité phocéenne. Comme une invitation à célébrer ensemble la diversité des visages de la ville.
Marseille 111 villages est soutenu par la Ville de Marseille.
Pour lire l’article de Paul Ricoeur “Entre la mémoire et l’histoire” : Transit – Europäische Revue, Tr@nsit online Nr. 22/2002 https://www.iwm.at/transit-online/entre-la-memoire-et-lhistoire