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Rencontres européennes des inédits à Reus en novembre 2008: intervention de Claude Bossion, directeur de Cinémémoire

Pourquoi et comment Cinememoire.net conserve des films de familles et d’amateurs?

Introduction et historique de la création de Cinémémoire

Je suis directeur et fondateur de cinememoire.net. Je vous fais part de mon expérience concernant la création de ce fonds d’images indépendant puisque régie par la loi de 1901 sur les associations.
Le projet Cinémémoire est né en 1998, à partir d’une réalisation de film: « Mémoire d’Outremer » dont je suis le réalisateur et pour lequel l’association de création Circuit-Court avait collecté plus de 150 heures de films sur l’histoire coloniale. Suite au succès de l’exposition sous forme d’installation vidéo et au film de 60 minutes qui sera édité par les éditions des 7 continents et surtout face au vide qui existait dans la région PACA en ce qui concerne la conservation des films amateurs et de famille, j’ai décidé de commencer la mise en valeur de ce fonds spécialisé sur l’histoire coloniale.
Nous avons commencé à deux avec Samuel Tronçon qui a réalisé la première base de donnée avec File Maker Pro et un moteur de recherche en plein texte. L’objectif de Cinémémoire était de développer les collections en recherchant des films sur Marseille et la région Paca et de rendre accessible les films qui étaient tous numérisés sur internet. Pendant 3 ans le projet de cinémathèque de films de famille et d’amateurs a été porté par l'association Circuit-Court, l’association Cinémémoire a été créée en 2001 car les activités de conservation et de mise en valeur prenaient de plus en plus d’importance au point de vue du temps passé , des salariés, et des budgets attribués.
Je ne reviendrai pas sur l’utilité de conserver des films de familles et d’amateurs puisque la plupart d’entre nous sommes des professionnels de la conservations de ces images inédites dont l’esthétique mais aussi le caractère de document historique et anthropologique a retenu toute notre attention. Aujourd’hui l’on voit l’émergence de nombreux projets de cinémathèque dans de nombreuses régions de France et d’Europe qui sont soutenus par les pouvoirs publics régionaux. Les pouvoirs publics semblent avoir perçu l’intérêt de conserver leur mémoire audiovisuelle.

Aujourd’hui Cinémémoire :

900 heures de films numérisés
250 déposants
450 heures d’images documentées
400 heures d’images visionnables sur internet

7 salariés
3 CDI à temps plein qui sont :
Alex Quérel, documentaliste, agent de maîtrise, chef d’équipe
Marie Bouquillon, administratrice
Florian Richard, informaticien, responsable de programmation

4 CDD à temps partiel qui sont :
Arnaud Olivier, technicien de numérisation
Michel Touzet, agent d’indexation
Loïc Guillaume, agent d’indexation
Lucile Oberson, chargée de développement et de communication
Claude Bossion, directeur réalisateur

La spécificité de notre fonds est qu’il a été décidé dès la création du projet que les images seraient toutes numérisées et conservées dans un format numérique à l’origine le DVcam. Aujourd’hui nous numérisons avec une Flash-scan ce qui nous assure des transferts de meilleure qualité qu’en projetant les films et en les filmant sur un écran. Pour le moment le 9,5 et le 16mm sont traités de manière artisanale avec un objectif macro et une caméra qui filme directement la pellicule dans la fenêtre de projection d’un projecteur spécialement adapté. Nous envisageons l’acquisition d’un système de transfert permettant de traiter tous les formats amateurs 8mm, super 8, 9,5, 16 mm. Désormais nous privilégions aussi la conservation des films originaux que nous conservons dans un local dédié.

La communication de nos archives auprès des professionnels, des chercheurs, et du grand public est une priorité. La réalisation de projets de diffusion et d’événements publics a toujours été menée en parallèle avec le travail de conservation et d’indexation des images.
Dès le commencement du projet de Cinémémoire nous avons cherché à utiliser les outils offerts par les nouvelles technologies : vidéo numérique, montage virtuel, mise en ligne sur internet d’une base de données de films et de l’ensemble des images pour un visionnage et la consultation des archives.

Les solutions expérimentées ont été les suivantes :
Un site hébergé chez free avec une adresse ip fixe. A ce moment nous avions des problèmes de bande passante.
La solution: des films hébergés chez un provider avec une machine dédiée (hoster) et la base de données sur notre serveur interne sur free avec adresse ip fixe. Cette solution permet d’avoir le maximum de réactivité pour l’interrogation de la base de donnée et pour le nombre de visiteur connecté pour visionner des films. L’inconvénient est que free est assez instable et nous avons des problème de fiabilité.

L’ancienne base de données propose une recherche en plein texte en langage naturel dans la notice explorant les champs suivants : titre, date, pays, continent, résumé, description détaillée. Une recherche avancée propose de croiser quelques critères de recherche, de définir une période ou d’interroger des champs particuliers (n° cassette, n° dépôt ). Le moteur de recherche questionne une table unique.
On rencontre beaucoup de problèmes lors des recherches. Des problèmes de synonymie, mais aussi de fautes de frappe ou d’orthographe. Il faut taper les pluriels, les équivalents...

I La nouvelle base de données

1- Le thésaurus

En fonction de nos utilisateurs nous avons choisi l’utilisation d’un langage combiné : la recherche se fait en langage naturel avec traduction automatique en langage contrôlé. La recherche bascule en recherche en plein texte si le terme recherché n’est pas dans le thésaurus. Une navigation depuis le thésaurus sera également possible. Au final, il comprend 3000 termes hiérarchisés en 7 ou 8 niveaux, 26 matières-vedettes, beaucoup d’équivalences et d’associations.

Le thésaurus nous permet également de savoir ce que l’on a dans notre fonds sur Marseille ou sur les anciennes colonies... (nombres d’occurrences)

II – La nouvelle indexation (1 h de film = 5 h d’indexation)

1 – Le séquençage

Le document physique devient numérique, on peut accéder directement à la séquence, sans la notion linéaire du film sur bobine. Cela nous permet de créer des lots de séquences, rassemblant des éléments similaires mais non continus dans le film. Selon des critères d’unité de lieux, de thèmes. Certaines informations sont à caractère unique : intérieur, extérieur, couleur, noir et blanc. Une séquence ne peut être en couleur et en noir et blanc.
Plusieurs bobines deviennent une cassette numérique qui devient un fichier numérique dans lequel on découpe des séquences qui ont chacune une notice.

2 – Les nouvelles notices

Nous avons élaboré l’interface de saisie et de visualisation des nouvelles notices:
N°de déposant, n° de dépôt, document, n°séquence, n° cassette, time code entrée et sortie, genre, sous-genre, géographie ou ensemble géographique, toponymie, date, description de l’image, terme descripteurs, termes candidats. Description détaillée, résumé, note complémentaire, titre original, nouveau titre, n° lot de séquences, n° document associé

3- Dernières étapes

La mise en relation de la base de données avec les fichiers images.
L’écriture de la proce?dure d’indexation.
La programmation du moteur de recherche (mode de navigation / affichage des résultats)

III Mise en ligne d’une nouvelle version du site de cinememoire

Le site a été entièrement modifié , modernisé et les mises jour ont été simplifiées. Nous avons fait un gros effort sur le référencement et les mots clefs employés. Pour l’instant il est trop tôt pour tirer des conclusions sur ces changements et sur les conséquences en ce qui concerne la fréquentation du site. Un travail de communication et de suivi des activités de l’association devra être effectué pour que ces changements puissent être suivis par un nombre de visiteurs en augmentation.

Conclusion
Cinememoire, née de la volonté d’un réalisateur, a conservé son orientation en direction des publics et des professionels de l’image au delà de la simple conservation du patrimoine audiovisuel. N’ayant pas trouvé d’outils de traitement documentaire adaptés à notre fonds, nous avons élaboré notre propre système documentaire mettant en place un archivage et une documentation numériques accessibles à tous via internet depuis notre site www.cinememoire.net.

Informations techniques : Base de données en mysql (open source). Langage sql pour l’interrogation et la modification de la base. Php pour rendre dynamique le html. Html pour l’interface.

 

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