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Musique
Film super 8 mm, couleur, silencieux, années 80


Qui sont ces musiciens ? Quelle chanson interprétaient-ils ? Ont ils continué à jouer de la musique ? On sait d'après les informations de la bobine que ce film a été tourné aux Goudes, mais on ne sait ni en quelle année exactement, ni à quelle occasion... C'est pour répondre à ce type de question que votre aide nous est précieuse!

L'espace déposant est ouvert à tous les déposants qui souhaitent visionner et partager leurs films en famille, échanger des informations à leur sujet, et nous aider à les documenter.

Pour y accéder, suivez ce lien: espace déposant

Ensuite, il vous suffit de renseigner votre numéro d'adhérent: c'est le même que votre numéro de déposant, il est indiqué sur votre convention de dépôt. Si vous ne le retrouvez plus, n'hésitez pas à nous recontacter pour que nous vous le donnions et que nous vous envoyions une copie de votre convention.
Puis, renseignez le nom et le prénom du déposant, et vous verrez ainsi tous les films que vous nous avez confié, et leurs notices.

Si aucun film n'est visible, ou s'il en manque, c'est que nous avons encore du retard pour l'indexation: n'hésitez pas à nous en faire part afin que nous mettions vos films en ligne en priorité!

Merci d'avance à tous pour votre aide, et au plaisir de vous lire!

Dépôts de films sur l'Ouest-Provence : recherche films sur Grans désespérément

Notre projet de Web-doc sur l'Ouest-Provence a suscité de nombreux dépôts. Mais, à ce jour, malgré le relais d'information par la Ville de Grans et l'hebdomadaire Le Régional, aucun dépôt ne nous est parvenu de Grans. Nous avons besoin de votre aide pour compléter ce portrait du territoire réalisé à partir de films d'amateurs ou de famille. N'hésitez pas à nous contacter si vous avez filmé Grans, si vous connaissez un cinéaste gransois ou bien si vous aviez vu des images de Grans, il y a longtemps, lors d'une projection... Ces images sont rares et précieuses. Nous ferons tout notre possible pour les retrouver et les préserver.

Deux dépôts remarquables de Port-Saint-Louis-du-Rhône

Suite à notre appel à films, deux dépôts remarquables nous sont parvenus de Port-Saint-Louis-du Rhône. Je pense savoir que c'est grâce à Alain Arnaud, un écrivain sensible aux récits qui décrivent la vie des hommes. Il est l'auteur d'un très beau recueil de contes/anecdotes sur Port Saint-Louis et la Camargue, Du petit Rhône à la grand'bouche (La Compagnie Littéraire-Brédys, 2019). Alain Arnaud nous a accueilli à Port-Saint-Louis avec la bonhomie que savent orchestrer les Port-Louisiens. Deux dépôts de films ont été effectués par son intermédiaire : des films en Super 8 réalisés entre 1972 et 1997 par Guy Barbas, docker à la retraite, et les vidéos réalisées par le père d'Annie Douat entre 1997 et 2002. Il est actuellement sur la piste de films tourné dans les années 1950 dans les cabanes en face de Fos, occupées actuellement par des locaux industriels.

Extrait de film de M. Guy Barbas montrant le rapport des habitants de Port-Saint-Louis-du Rhône avec l'eau qui est partout sur la commune. Les jeunes enfants sont initiés très jeunes aux plaisirs de l'eau mais aussi à ses danger.
Film super 8 mm, couleur, silencieux, 1976 - 1977

 

A l'Ouest de la Provence – le projet suit son cours malgré tout

L'avancement du Web-doc suit son cours malgré le confinement général commencé le 13 mars 2020. La résidence de création qui devait réunir Ivan Chiossone, musicien, Pascal Génot, scénariste et moi-même a été annulée. Nous avions loué un appartement à Port-Saint-Louis-du-rhône et à Cornillon du 18 au 24 avril 2020. L'équipe de création était prête à recueillir des sons et des images, à écrire le scénario, nos relais locaux avaient préparé le séjour, les repérages, rencontres, collectes, interviews... Tout est reporté à l'automne.

La réflexion sur le territoire continue donc chacun chez soi, nous travaillons par téléphone et par mail. Malgré ces contretemps, le territoire Ouest Provence devient de plus en plus lisible et d'une complexité qui prend sens. Ses spécificités, ses particularités et sa culture s'affirment de plus en plus autour de la plaine de la Crau qui relie les différentes villes entre elles...

A suivre sur le site facebook de cinememoire : https://facebook.com/A-louest-de-la-Provence-106284400784163
N'hésitez pas à « aimer la page », à la partager, à la faire connaître dans vos réseaux. Merci d'avance à vous tous qui participerez à accroître la visibilité du projet!

 

 

 

 

Ateliers Ciné-Mémoire

Charles Sabatier, dont les films ont été confiés à Cinémémoire par son fils Jacques Sabatier, est né en 1917 à Rabat au Maroc, où il a vécu toute sa vie. Enseignant en lettres (français, latin et grec) à Mazagan au Maroc, puis au Lycée Lyautey à Casablanca, il devient censeur du Lycée de Fès, puis chef d’établissement au collège Moulay Abdellah de Casablanca. Il commence à filmer à partir du début des années 1940 sur une variété de formats (16mm, 9,5 mm et 8 mm), et continue jusqu’à sa mort en 1959.

Impliqué dans le courant de l’Education Nouvelle, il proposait à ses élèves un travail en classe qui se prolongeait par une visite et un film de cette visite. Il propose aussi dans ses établissements scolaires des projections de films avec débats.

Également intéressé par la photographie, Charles Sabatier développe certains de ses films lui-même avec la participation de ses deux enfants. Sa femme, Annie Gouttenoire, photographie et filme régulièrement. Enseignante d’éducation physique et sportive, elle prenait très souvent la caméra en main, et tournait ses propres films.

Ateliers Ciné-Mémoire

À part les films de famille et de voyages, le couple s’intéressait particulièrement au sport. Ils filment plusieurs événements et compétitions sportives, y compris des matchs de rugby et de volley, en utilisant une variété de techniques (notamment le ralenti) pour capter des images dynamiques. L’ensemble des films tournant autour du volley-ball ont été soit tournés par Annie Gouttenoire, soit à son intention. Par exemple, le film de Sidi Bel Abess, tourné quand elle accompagne ses élèves à cette rencontre sportive qui regroupait les équipes des établissements scolaires d’Afrique du Nord, est un film qu'elle a entièrement réalisé puisqu'elle a voyagé seule en Algérie à cette occasion. Charles Sabatier était aussi rugbyman, il est sur le terrain lors des compétitions, on peut donc être là aussi sûrs que ces films sont tournés par sa femme.

Impliqués dans l’Association « Peuple et Culture », c'est naturellement que Charles et Annie répondent à un appel lancé par le réalisateur Chris Marker pour aller filmer les Jeux Olympiques d'Helsinki en 1952. Ils voyagent en train jusqu'en Finlande durant environ trois semaines, avec un groupe de 80 personnes, membres des associations Peuple et Culture et Tourisme et Travail. Les films tournés pendant ce séjour par Annie Gouttenoire, Charles Sabatier, et les six autres cameramen seront utilisés dans le documentaire « Olympia 1952 », le premier long-métrage de Chris Marker. Un indice nous permet de savoir qui se trouve derrière la caméra pour chacun des films tournés lors de ce voyage: Annie Gouttenoire tournait la plupart du temps en 9,5 mm, trouvant la caméra plus légère et plus maniable, tandis que son mari avait une préférence pour le 16 mm.

Marrakech
Film 9,5 mm, noir et blanc, silencieux, 9 mn 33 s, 1952

Paques 55 - Agadir - Tafraout - Goulimine - Marrakech
Film 16 mm, couleur, silencieux, 12 mn 11 s, 1955


Immouzer, Ifrane, Noël 57
Film 16 mm, couleur, silencieux, 5 mn 31 s, 1957

Les vers à soie, février 58
Film 16 mm, noir et blanc, silencieux, 9 mn 14 s, 1958

Juillet 1952 - Le voyage Paris - Helsinki
Film 8 mm, couleur, silencieux, 13 mn 25 s, 1952

Helsinki 1952
Film 9,5 mm, noir et blanc, silencieux, 13 mn 25 s, 1952

Sidi Bel Abès - mars 1952 - Jeux scolaires nord africains - Volley-ball féminin
Film 8 mm, couleur, silencieux, 12 mn 5 s, 1952

Rugby 1951 - 1952
Film 9,5 mm, noir et blanc, silencieux, 13 mn 39 s, 1951-1952

Andorre 1958
Film 16 mm, couleur, silencieux, 9 mn 3 s, 1958


Grandes fêtes de la ville d'Oust, aout 1956
Film 8 mm, couleur, silencieux, 3 mn 52 s, 1956

Pour plus d'infos sur Chris Marker et pour voir plusieurs de ses films en VOD:
https://universcine.com/artistes/chris-marker
https://fr.wikipedia.org/wiki/Chris_Marker
https://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/index.php?pk=11415
https://encyclocine.com/index.html?menu=&film=43127
https://chrismarker.ch/portraits-de-chris-marker.html

A propos du film Olympia 52:
https://cinematheque.fr/film/70747.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Olympia_52
https://filmsdocumentaires.com/films/3108-regard-neuf-sur-olympia-52

Texte et extraits des films sélectionnés par Oskari Lindfors, étudiant en cinéma à l'Université d'Helsinki (Finlande), et que nous remercions tout particulièrement pour son travail de numérisation et de documentation des films de Charles Sabatier et Annie Gouttenoire, lors de son stage à Cinémémoire de mars à mai 2020. Malgré des conditions de travail inédites et un stage bien chamboulé en pleine période de confinement, nous avons pu continuer à travailler ensemble et espérons que cette expérience aura été intéressante et formatrice, tout comme elle l'aura été pour le reste de notre équipe!

Merci à Jacques Sabatier, fils de Charles Sabatier et Annie Gouttenoire et déposant des films à Cinémémoire, pour toutes les informations qu'il nous a transmises sur les films, sur l'histoire de sa famille, et sur le tournage d'Olympia 52.

Ateliers Ciné-Mémoire

Le 28 février 2020, Cinémémoire accueillait Oskari Lindfors, étudiant en cinéma à la faculté d'Helsinki, pour un stage de deux mois au sein de l'association. Durant les deux premières semaines, nous avons pu le former à la numérisation et à l'indexation des films. Puis, nous avons du réorganiser notre manière de travailler, et Oskari a décidé de continuer son stage depuis son appartement de Castellane, bien que son séjour à Marseille ne lui permettait plus d'explorer la région comme il l'avait prévu. Le voyage physique n'étant plus possible, il y a substitué un voyage dans notre fonds d'archives reflétant ce qu'il aurait pu voir.

Je vous propose cette sélection de films sur le thème des expériences que j’aurais voulu vivre pendant mon séjour à Marseille.

Le Chateau d'If est l'une des attractions que je suis le plus déçu de ne pas pouvoir visiter. À Helsinki nous avons aussi une île fortifiée - la forteresse maritime de Suomenlinna. Aucune des deux n’a été utilisée en guerre, mais ça a l’air d'être à peu près tout ce qu’elles ont en commun. Suomenlinna est une zone résidentielle, et n'a pas servi de décor pour un classique de la littérature. J’aurais bien voulu comparer ces deux îles sur place, mais j’espère que ce film pourra me donner quelques indices :

Château d'If - Epaves du Vieux-Port
Film 8mm, noir et blanc, silencieux, 2mn 25s, déposante: Anne Carle



Ce film vous fera vivre une véritable aventure à travers le Marseille du 20e siècle, parfait pour les jours de confinement quand une balade en ville est impossible :

Pour le centenaire du Comité du Vieux Marseille, 1911-2011 : Les Archives cinématographiques de 1910 à 1980
Montage des archives cinématographiques de la commission image sur l'histoire de Marseille, 1910-1980, réalisé par Jacques Mouton, pour le centenaire du Comité du Vieux Marseille
Vidéo, couleur et noir et blanc, sonore, 55 mn 10 s, déposant: Comité du Vieux Marseille


L’appel de la campagne souffle certainement sur nous tous coincés en ville, surtout avec l’arrivée du printemps. Pour apaiser cette soif, je vous propose de voir ces deux superbes films de Jacques Mouton, qui vous mènent dans le microcosme des champs Provençaux, et vous donnent sûrement une nouvelle perspective sur le monde presque invisible caché autour de nous.

Le festin des ogresses
Super 8mm, couleur, sonore, 12 mn 56 s, déposant: Jacques Mouton

Eros dans la prairie
Super 8mm, couleur, sonore, 8 mn 15 s, déposant: Jacques Mouton

J’ai réussi à faire quelques baignades depuis les plages de Marseille avant le début du confinement (la température de la mer en février-mars me semblait bien agréable !). Mais avant de venir, j’ai passé plusieurs soirées de plein hiver finlandais en admirant des magnifiques images des Calanques, et en imaginant mes aventures printanières sur la côte de la Méditerranée et la nage parmi les roches. Avec ce film, mon imagination peut continuer de se déployer :

Balade et escalade dans les calanques en famille
Super 8mm, couleur, silencieux, 20 mn 5 s, déposant: René Lavacherie

J’adore les festivals de films et j’ai longtemps rêvé de pouvoir assister au plus grand. Cette année, j’avais comme idée de faire d'une pierre deux coups. Hélas, la dimension sociale du cinéma doit désormais être mise en pause. Cependant, pour voir des stars et se délecter de l'ambiance du festival il suffit de regarder ce film. Sur la Croisette se trouvent Anna Karina, Ingrid bergmanJean-Paul Belmondo, Sergio Leone, et même John Lennon et Yoko Ono !

Flash sur Cannes
Super 8mm, couleur, sonore, 9 mn 3 s, déposant: Daniel Galli-Douani


Lisette et Lison, Maroc, années 60

« Je filme depuis toujours », disait Jeannine Boitelle en 2017. En 8 mm puis en Super 8 mm, Jeannine filme, en effet, dès le début des années 1950, sa famille, ses voyages, mais aussi sa vie quotidienne dans les différents pays d'Afrique où elle a vécu.

Née en 1929, dans la ville de Tuléar, à Madagascar où son père s'était expatrié dés le début du siècle, Jeannine fait ses études entre l' « île rouge », Paris et le Sénégal, suivant ses parents et ses 7 frères et sœurs au gré des lieux où était affecté son père, « agent-voyer ». Après un premier mariage, la naissance de ses deux enfants et quelques années à Abidjan auprès de ses parents, Jeannine part avec son second mari, Roland, un banquier, vivre au Cameroun. S'en suivront entre autre le Niger, le Togo, la Centrafrique, les deux Congo et le Gabon. Le couple ne quittera le continent africain qu'au début des années 1980 pour s'installer dans le Sud de la France.

Secrétaire d'Hamani Diori au Niger, puis du président du Togo Nicolas Grunitzky en 1963, engagée dans divers projets culturels à Bangui et adjointe au maire de Solliès-Pont lors de son retour en France, Jeannine Boitelle, dont le parcours fut exceptionnel, n'a jamais cessé de filmer. Le fonds déposé, riche de plus de 60 films, s'il permet d'approcher le destin de cette femme et d'atteindre le quotidien d'une famille d'expatriés en Afrique, apparaît également comme une source importante pour la mémoire du cinéma amateur féminin. Jeannine Boitelle offre en effet, à l'heure où la pratique du cinéma était encore largement masculine, un regard singulier sur l'histoire coloniale et post-coloniale en train de s'écrire.

Jeannine s'est marié en 1949 à Paris avec celui qu'elle nomme « Nini », comptable au Dakar-Niger. Le couple s'installe rapidement au Tchad où Jeannine donne naissance à Jean-Paul, son premier enfant. Dans ce pays d'Afrique centrale, protectorat français depuis 1900, devenu colonie française dans le cadre de l'Afrique équatoriale française en 1920, Jeannine tourne ses premiers films au plus près des populations tchadiennes rencontrées et semble parfois faire œuvre d’ethnographe. Les cadrages serrés sur les visages, les plans larges sur les villages et l'attention portée aux gestes donnent à ces films une certaine valeur ethnographique.

Tchad, 1953
Film 8 mm, couleur, silencieux

Après la naissance à Paris de son second fils, Dominique, en 1951, Jeannine retourne au Tchad où elle travaille comme secrétaire aux Travaux publics. Mais l'entente avec « Nini » n'est plus au beau fixe, le couple divorce et Jeannine part s'installer à Abidjan auprès de ses parents en 1954. Là-bas, Jeannine explique vivre surtout en « femme libre », elle fréquente les « bals mixtes où Noirs et Blancs peuvent se côtoyer, danser ensemble. »

Brousse, Abidjan, (Côte d'Ivoire), 1955
Film 8 mm, couleur, silencieux


Engagée comme secrétaire à la B.A.O. (Banque de l'Afrique Occidentale) à Abidjan, Jeannine fait rapidement la rencontre de Roland avec qui elle se marie en 1958. Le couple s'installe d'abord au Cameroun où Roland est nommé, puis au Niger. Là-bas, Jeannine fait la rencontre d'Hamani Diori, figure de l'indépendance et premier président de la République du Niger en 1960. Jeannine devient « la première secrétaire particulière » d'Hamani Diori et « apprend beaucoup avec lui, explique-t-elle, sur la politique, sur le socialisme ». Présente à Niamey lors des fêtes d'indépendance, sa caméra capte ce tournant historique. Quelques années plus tard, en 1965, alors qu'elle est installée à Bangui, les fêtes d'indépendances qui se tiennent dans la ville sont l'occasion d'une mise en scène intrigante de la part de la cinéaste.  

Niamey, (Niger), fêtes d'indépendance, années 60
Film 8 mm, couleur, silencieux



Bangui (République Centrafricaine), Indépendances + Cauchemar, 1965 Film 8mm, couleur, silencieux
Film 8 mm, couleur, silencieux


Après un passage par le Togo, Jeannine et Roland s'établissent pour plusieurs années à Bangui. Jeannine travaille à l'ambassade de Belgique comme « chargée d'affaires » et le couple habite un logement de fonction au-dessus de la banque. En Centrafrique, Jeannine filme beaucoup et grâce à un ami, Pierre D. de l'INRA qui vivait à Boukoko, la cinéaste a pu notamment filmer les pygmées, « il leur a parlé dans leur langue et ils ont accepté de venir vers nous ».

Bangui (République Centrafricaine),1963-1964
Film 8 mm, couleur, silencieux



Forêt primaire, Pygmées, années 60
Film Super 8 mm, couleur, silencieux



Jeannine a toujours vécu entourée d'animaux. A Tuléar, parlant de sa soeur cadette, « nous avons un lémurien qui fauche les biberons de Jacqueline et monte en haut du gros arbre où il boit, et d'où il jette les biberons ! » Naturellement, elle n'a cessé de les filmer. Si elle s'est amusée dans un des films du fonds, à mettre en scène ses chats « Poupette et Chiffon » dans des situations parfois insolites, Jeannine filme également les nombreux animaux sauvages qui peuplent les différents pays où elle a séjourné. Ainsi, la visite du parc national de Waza, situé au Cameroun fut l'occasion pour Jeannine de fixer pour longtemps cette faune si riche.

Film des chats, années 60,
Film 8 mm, couleur, silencieux



Waza (Cameroun) – Libreville (Gabon)
Film Super 8 mm, couleur, silencieux

Aïkido, natation, ski nautique, nombreuses sont les activités pratiquées par la famille et filmées par Jeannine. S'ils témoignent d'un certain goût pour les activités d'extérieurs, ces images nous documentent également sur l'organisation du temps libre de cette famille installée en Afrique et l'existence des différents lieux de sociabilités principalement fréquentée par des familles européennes expatriées.

Ski nautique Bangui , années 70
Film Super 8mm, couleur, silencieux



Le fonds comporte, en outre, plusieurs films de voyage, au Portugal, en Egypte, en Inde et au Mexique notamment. Loin d'être de simples films de tourisme où la cinéaste compile différents plans de monuments et paysages, Jeannine semble porter une attention particulière au quotidien, aux manières de faire et de vivre des populations locales. La caméra saisit en effet les gestes ancestraux des pêcheurs de Nazaré, le savoir faire des tanneurs de Fès et les déambulations d'hommes et de femmes dans un bidonville de Bombay. Cette attention portée au plus ordinaire donne à ces films de voyage un relief particulier et témoigne d'un certain souci de l'Autre (déjà présent dans les premiers films de la cinéaste) – cf. Tchad).

Pêcheurs de Nazaré, Portugal, années 70
Film Super 8mm, couleur, silencieux


Inde du Sud – 1ère partie, années 70
Film Super 8mm, couleur, silencieux


Egypte, années 80
Film Super 8mm couleur, silencieux


De retour en France en 1980, Jeannine et Roland s'installent à Solliès-Pont, petite commune du Var, près de Toulon. Si Jeannine, qui n'a jamais réellement vécu en France, se sent à son arrivée « foncièrement africaine », elle semble toutefois s'inscrire rapidement dans l'environnement de sa nouvelle ville. Devenue propriétaire d'un petit commerce, elle fait la rencontre de Daniel B., fondateur du festival « Terre et Nature » et participe activement à l'organisation du festival, même si, explique-t-elle « on est dans ces années là, au début de la sensibilisation écologiste, et ce n'est pas toujours compris ! » Jeannine, très impliquée dans la protection de la nature, représentera en 1994 "Génération Ecologie" aux élections cantonales et deviendra en 1995 1ère adjointe chargée de l'environnement à la mairie de Solliès-Pont.

Mise en cage – mise en sachet et récolte
Film Super 8mm, couleur, silencieux

Texte et extraits des films sélectionnés par Clara Le Gonnidec, étudiante en Master Histoire, civilisation, patrimoine à l' Université d'Aix-Marseille, et que nous remercions vivement pour son aide précieuse pour la documentation des films de Jeannine Boitelle, lors de son stage à Cinémémoire de janvier à mars 2020.

Merci à Philippe Houssin, neveu de Jeannine Boitelle et déposant des films et interviews de sa tante à Cinémémoire, pour toutes les informations qu'il nous a transmises sur les films de sa tante et sur l'histoire de sa famille.

Voir le dossier thématique "Femmes cinéastes amateurs"

 

La numérisation et la documentation des films de Jeannine Boitelle ont été réalisées grâce au Programme national de Numérisation et Valorisation des contenus culturels du ministère de la culture, que nous remercions!